Calcul décrit au 17 septembre 2026. Les formules, pondérations, seuils et priorités présentés dans cet article correspondent à l’algorithme actuellement implémenté dans AuditStock.
Dans un catalogue de plusieurs milliers de références, tous les produits ne peuvent pas recevoir la même attention. Certains concentrent une part importante de la demande, d’autres occupent une place intermédiaire, tandis que des références récentes ou sans activité doivent être examinées différemment.
AuditStock matérialise cette hiérarchie dans la colonne Classification de la liste des produits :
- [A] Actif ;
- [B] Moyen ;
- [C] Faible ;
- [D] Dormant ;
- [N] Nouveau.
La colonne « Classification » permet de repérer immédiatement la classe enregistrée pour chaque référence et de filtrer le catalogue selon les niveaux A, B, C, D ou N.
Cette lettre n’est pas attribuée à partir d’un seuil de ventes propre au produit. Elle résulte principalement de sa position relative dans le catalogue, après le calcul d’un score composite fondé sur la demande et sa variabilité.
Cette nuance est essentielle : un produit peut changer de classe alors que ses propres chiffres n’ont pas changé, simplement parce que le poids des autres références a évolué.
Ce que la classification mesure — et ce qu’elle ne mesure pas
La classification cherche à hiérarchiser les produits selon leur contribution à l’activité observée. Elle utilise trois données :
- la demande annuelle ;
- la demande journalière moyenne ;
- l’écart-type de la demande, qui représente sa variabilité.
Elle n’utilise directement ni :
- le prix d’achat ou de vente ;
- la valeur du stock ;
- le stock physique ;
- le stock minimum ou le point de commande ;
- le nombre de fournisseurs ;
- le score de risque produit.
La classification et le score de risque répondent donc à deux questions différentes. Une référence peut être classée C avec un score de risque faible ou élevé. Le risque ne détermine jamais sa lettre A, B, C, D ou N.
Une classification relative au périmètre analysé
Le calcul compare chaque produit à tous les autres produits du périmètre traité.
Lors du traitement quotidien, AuditStock classe l’ensemble du catalogue. Lorsqu’un utilisateur lance manuellement l’action depuis la liste des produits, le périmètre peut dépendre de la sélection et des filtres actifs.
Ce périmètre est important, car les totaux utilisés dans les formules sont recalculés sur les produits chargés pour le traitement. Classer dix références sélectionnées ne produit donc pas nécessairement le même résultat que classer ces dix références au milieu de 28 000 produits.
Pour conserver une classification cohérente à l’échelle de l’entreprise, il est préférable d’interpréter les lettres issues du traitement quotidien portant sur tout le catalogue.
Étape 1 — calculer la part de chaque produit dans les trois indicateurs
AuditStock commence par additionner, sur tout le périmètre :
- toutes les demandes annuelles ;
- toutes les demandes journalières moyennes ;
- tous les écarts-types de demande.
Il calcule ensuite la part de chaque produit dans chacun de ces totaux.
Score de demande annuelle
= demande annuelle du produit / demande annuelle totale × 100
Score de demande journalière
= demande journalière du produit / demande journalière totale × 100
Score de variabilité
= écart-type du produit / somme des écarts-types × 100
Si le total d’un indicateur est nul, sa contribution est fixée à zéro. Une valeur absente sur un produit est également traitée comme zéro.
Ces scores sont des parts relatives. Un score de demande annuelle de 2 % signifie que le produit représente 2 % de la demande annuelle totale du périmètre, et non qu’il a 2 % de chances d’être vendu.
Étape 2 — construire le score composite pondéré
Les trois parts ne reçoivent pas le même poids :
| Composante | Pondération |
|---|---|
| Demande annuelle | 50 % |
| Demande journalière moyenne | 30 % |
| Variabilité de la demande | 20 % |
Le score composite est calculé ainsi :
Score composite
= 50 % × score de demande annuelle
+ 30 % × score de demande journalière
+ 20 % × score de variabilité
La demande annuelle est donc le signal principal. La demande journalière renforce la lecture de l’activité courante, tandis que la variabilité donne davantage de poids aux références dont la consommation fluctue.
Ce score n’est pas affiché comme un indicateur autonome dans la liste. Il sert à ordonner les produits avant l’application des seuils.
Étape 3 — trier les produits et calculer le pourcentage cumulé
Tous les produits sont triés par score composite décroissant. AuditStock part du produit ayant le score le plus élevé, additionne progressivement les scores et calcule, pour chaque ligne, le pourcentage cumulé :
Pourcentage cumulé
= somme des scores composites jusqu’au produit inclus
/ somme de tous les scores composites
× 100
Le mot inclus est important. Le score du produit est ajouté au cumul avant de comparer le résultat aux seuils.
Par exemple, si le cumul est à 68 % avant un produit et atteint 73 % après l’ajout de son score, ce produit n’est pas classé A. Il est classé B, car son pourcentage cumulé est désormais supérieur à 70 %.
Étape 4 — appliquer les règles dans un ordre précis
AuditStock ne commence pas directement par les seuils A, B et C. Il traite d’abord les produits sans demande, afin de distinguer une nouveauté d’une référence dormante.
flowchart TD
P[Produit à classifier] --> Q{Demande annuelle <= 0<br/>ET demande journalière <= 0 ?}
Q -->|Oui| R{Créé depuis 60 jours<br/>ou moins ?}
R -->|Oui| N[N — Nouveau]
R -->|Non| D1[D — Dormant]
Q -->|Non| A{Pourcentage cumulé <= 70 % ?}
A -->|Oui| CA[A — Actif]
A -->|Non| B{Pourcentage cumulé <= 90 % ?}
B -->|Oui| CB[B — Moyen]
B -->|Non| X{Pourcentage cumulé > 98 %<br/>ET demande journalière <= 0 ?}
X -->|Oui| D2[D — Dormant]
X -->|Non| C[C — Faible]L’ordre exact des règles est donc :
- N ou D pour un produit sans demande annuelle et sans demande journalière ;
- A jusqu’à 70 % inclus ;
- B au-delà de 70 % et jusqu’à 90 % inclus ;
- D au-delà de 98 % si la demande journalière est nulle ;
- C dans les autres cas situés après 90 %.
Seuil N — Nouveau : protéger les références sans historique
Un produit est classé N — Nouveau lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
- sa demande annuelle est inférieure ou égale à zéro ;
- sa demande journalière moyenne est inférieure ou égale à zéro ;
- et sa date de création se situe dans les 60 derniers jours, limite incluse.
La classe N est appliquée avant l’analyse du pourcentage cumulé. Elle évite de qualifier immédiatement de dormant un produit qui n’a simplement pas encore eu le temps de construire son historique.
Un produit créé exactement à la date du jour moins 60 jours reste considéré comme nouveau. Le lendemain, s’il ne présente toujours aucune demande, il bascule vers D lors du prochain recalcul.
Comment interpréter N ?
N ne signifie pas que le produit est performant ou non performant. Cette classe signale que le recul disponible est insuffisant et qu’une période d’observation est encore justifiée.
Les décisions utiles consistent notamment à vérifier :
- la date réelle de lancement ;
- la présence du produit dans les canaux de vente ;
- la qualité des données importées ;
- les premières commandes ou réservations ;
- le stock initial engagé.
Seuil D — Dormant : deux chemins différents
La classe D — Dormant peut être attribuée par deux règles distinctes.
Premier chemin : aucune demande après la période de nouveauté
Un produit âgé de plus de 60 jours est classé D lorsque :
- sa demande annuelle est inférieure ou égale à zéro ;
- et sa demande journalière moyenne est inférieure ou égale à zéro.
Cette règle est prioritaire. Le rang et le pourcentage cumulé ne sont pas utilisés pour décider entre N et D dans ce cas.
Second chemin : extrême fin de classement sans demande journalière
Un produit peut également être classé D lorsque :
- son pourcentage cumulé est strictement supérieur à 98 % ;
- et sa demande journalière moyenne est inférieure ou égale à zéro.
Cette seconde règle couvre notamment le cas d’un produit qui conserve encore une demande annuelle enregistrée, mais dont la demande journalière actuelle est nulle et dont le poids relatif se situe tout en bas du catalogue.
Deux précisions évitent les mauvaises interprétations :
- dépasser 98 % ne rend pas automatiquement un produit dormant ;
- une demande journalière nulle ne suffit pas non plus si le produit ne se situe pas au-delà de 98 %.
Les deux conditions doivent être réunies.
Seuil A — Actif : les premiers 70 % du score cumulé
Après le traitement prioritaire des produits sans demande, un produit est classé A — Actif si son pourcentage cumulé est inférieur ou égal à 70 %.
La classe A regroupe ainsi les références placées en tête du classement et qui, ensemble, concentrent les premiers 70 % du score composite.
Le produit qui franchit 70 % n’est pas A
Le seuil est testé après l’ajout du score du produit courant. Si le cumul passe de 69 % à 71 %, le produit qui provoque ce passage est classé B.
Il est même possible qu’aucun produit ne soit classé A. Cela se produirait, par exemple, si le premier produit concentrait à lui seul plus de 70 % du score composite total : son cumul dépasserait immédiatement le seuil et il serait classé B.
Comment interpréter A ?
Les produits A méritent généralement une surveillance rapprochée : leur disponibilité, la qualité de leurs prévisions et la continuité de leur approvisionnement ont un poids important dans l’activité.
Cette classe ne signifie toutefois pas « produit sans risque » ni « produit rentable ». Le prix, la marge, le stock et le risque fournisseur ne font pas partie de ce classement.
Seuil B — Moyen : de plus de 70 % à 90 % inclus
Un produit est classé B — Moyen lorsque son pourcentage cumulé est :
- strictement supérieur à 70 % ;
- inférieur ou égal à 90 %.
Les produits B prolongent le cœur d’activité sans appartenir au groupe de tête A. Ils peuvent représenter des volumes significatifs individuellement ou former collectivement une partie importante de la demande.
Un pourcentage cumulé exactement égal à 90 % reste en B. Le passage en C intervient uniquement au-delà de 90 %.
La classe B peut servir de zone de pilotage intermédiaire : suivi régulier, ajustement des paramètres de stock et contrôle des changements de demande, avec une intensité généralement inférieure à celle des produits A.
Seuil C — Faible : après 90 %, sauf règle de dormance
La classe C — Faible est la classe par défaut des produits situés après les premiers 90 % du score composite cumulé, lorsqu’aucune règle D ne s’applique.
Un produit C répond donc à la logique suivante :
- son pourcentage cumulé est strictement supérieur à 90 % ;
- il ne remplit pas la règle de dormance prioritaire liée à l’absence totale de demande ;
- et, s’il se situe au-delà de 98 %, sa demande journalière reste positive.
La classe C ne signifie pas nécessairement « aucune vente ». Elle indique que la contribution relative du produit se situe dans la longue traîne du catalogue.
Un produit peut être C tout en ayant :
- une demande positive ;
- un prix élevé ;
- du stock physique ;
- un bon niveau de service ;
- un score de risque faible.
Ces éléments n’annulent pas la classe C, car ils ne répondent pas à la même question.
Exemple chiffré : voir les seuils se former
Prenons cinq produits dont les scores composites totalisent 100 points. Après tri décroissant, AuditStock obtient :
| Produit | Score composite | Pourcentage cumulé | Classe obtenue |
|---|---|---|---|
| Produit 1 | 35 | 35 % | A |
| Produit 2 | 30 | 65 % | A |
| Produit 3 | 15 | 80 % | B |
| Produit 4 | 12 | 92 % | C |
| Produit 5 | 8 | 100 % | C ou D selon sa demande journalière |
Le produit 3 fait passer le cumul de 65 % à 80 %. Il est B, car le seuil est lu après son ajout.
Le produit 4 dépasse 90 % et devient C.
Pour le produit 5 :
- avec une demande journalière positive, il reste C malgré un cumul de 100 % ;
- avec une demande journalière nulle, il devient D puisqu’il se situe au-delà de 98 %.
Si un sixième produit sans aucune demande était créé depuis moins de 60 jours, il serait N. S’il était plus ancien, il serait D, indépendamment de sa place dans ce tableau.
Tableau récapitulatif de tous les seuils
| Classe | Condition exacte | Lecture principale |
|---|---|---|
| N — Nouveau | Demande annuelle ≤ 0, demande journalière ≤ 0 et création depuis 60 jours ou moins | Référence récente sans historique exploitable |
| D — Dormant | Même absence de demande, mais produit âgé de plus de 60 jours | Référence ancienne sans activité |
| A — Actif | Produit avec demande et cumul ≤ 70 % | Tête du classement relatif |
| B — Moyen | Produit avec demande et 70 % < cumul ≤ 90 % | Partie intermédiaire du classement |
| D — Dormant | Cumul > 98 % et demande journalière ≤ 0 | Extrême fin de classement sans activité journalière |
| C — Faible | Cumul > 90 % et aucune règle D applicable | Longue traîne encore active ou non dormante |
Pourquoi une classification peut changer
La lettre enregistrée dépend du produit, mais aussi du reste du catalogue. Elle peut évoluer dans plusieurs situations :
- la demande du produit augmente ou diminue ;
- sa variabilité change ;
- de nouvelles références entrent dans le catalogue ;
- des produits très actifs disparaissent du périmètre ;
- les demandes des autres produits évoluent ;
- une référence N dépasse ses 60 jours sans obtenir de demande ;
- le calcul manuel est lancé sur un périmètre différent du catalogue complet.
Deux produits ayant la même demande annuelle peuvent également recevoir des classes différentes si leur demande journalière ou leur variabilité diffère, ou si leurs positions dans le classement cumulé ne sont pas les mêmes.
Comment exploiter les classes dans le pilotage du stock
La classification devient utile lorsqu’elle conduit à des actions adaptées :
| Classe | Questions à examiner |
|---|---|
| A | La disponibilité est-elle suffisamment protégée ? Les fournisseurs et délais sont-ils sécurisés ? |
| B | Les paramètres de stock suivent-ils les évolutions de la demande ? Certaines références approchent-elles de A ou de C ? |
| C | Le stock engagé reste-t-il proportionné à la contribution réelle du produit ? La référence doit-elle être rationalisée ? |
| D | Existe-t-il encore une raison commerciale de conserver du stock ? Une action de déstockage ou de sortie de catalogue est-elle nécessaire ? |
| N | Le lancement se déroule-t-il comme prévu ? L’absence de demande vient-elle du délai normal de démarrage ou d’un problème de diffusion ou de données ? |
La lettre ne doit jamais être utilisée seule pour déclencher automatiquement une commande, un déstockage ou une suppression de référence. Elle sert à prioriser l’analyse.
Pour décider, il faut la croiser avec d’autres informations : stock physique, couverture, commandes clients, délais fournisseur, marge, criticité commerciale, saisonnalité et score de risque.
Questions fréquentes
Pourquoi mon produit est-il C alors qu’il se vend ?
Parce que C ne signifie pas « zéro vente ». Le produit contribue à l’activité, mais il se situe après les premiers 90 % du score composite cumulé du catalogue.
Pourquoi un produit cher peut-il être C ?
Parce que le prix n’entre pas dans le calcul. La classification utilise la demande annuelle, la demande journalière moyenne et sa variabilité.
Pourquoi un produit avec un score de risque de 48 % est-il C ?
Parce que le score de risque est un indicateur distinct. Il n’est ni ajouté au score composite de classification ni utilisé dans les seuils A, B, C, D ou N.
Tous les produits situés après 98 % sont-ils dormants ?
Non. Au-delà de 98 %, le produit devient D uniquement si sa demande journalière moyenne est inférieure ou égale à zéro. Sinon, il reste C.
Un produit peut-il passer directement de N à D ?
Oui. S’il dépasse la période de 60 jours sans demande annuelle ni demande journalière, le prochain calcul le classera D.
Les seuils représentent-ils une part du nombre de produits ?
Non. Ils représentent une part cumulée du score composite, pas 70 %, 20 % et 10 % du nombre de références. Selon la concentration du catalogue, la classe A peut contenir très peu de produits ou, au contraire, un ensemble plus large.
Ce qu’il faut retenir
La classification AuditStock suit une logique proche d’une analyse ABC enrichie, mais elle ne repose pas sur la valeur monétaire du stock. Elle combine trois parts relatives :
- 50 % pour la demande annuelle ;
- 30 % pour la demande journalière moyenne ;
- 20 % pour la variabilité de la demande.
Les produits sont ensuite triés par score décroissant et classés selon leur pourcentage cumulé :
- A jusqu’à 70 % inclus ;
- B au-delà de 70 % et jusqu’à 90 % inclus ;
- C après 90 %, sauf règle de dormance ;
- D pour les anciennes références sans demande ou l’extrême fin de classement sans demande journalière ;
- N pour les références créées depuis 60 jours ou moins et encore sans demande.
Le principal enseignement est que cette classification est relative et collective. Pour comprendre la lettre d’un produit, il faut examiner ses données, mais aussi sa place parmi toutes les autres références du périmètre calculé.
Utilisée de cette manière, la classification ne remplace pas la décision métier : elle indique où concentrer l’attention.